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L’émergence des MOOCs: opportunité ou menace pour l’enseignement?


Les MOOCs, massive open online course) constitue un exemple de formation ouverte et à distance en télé-enseignement. Les avantages que peuvent offrir les MOOCs attirent des étudiants du monde entier, mais qu’en est-il vraiment?

Introduction

Un nombre croissant d’universités, principalement aux Etats Unis – mais peu encore en Europe (EPFL, Genève, Munich, Edinburgh, Amsterdam) – se sont lancées dans les MOOCs (massive online open courses, en français cours massifs en ligne libres« CMELL », mais à ce jour, seuls trois établissements francophones ont des MOOCscs).
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Comme on sait,il s’agit de cours en ligne sous la forme de séries de podcasts, « gratuits et accessibles à tous », promettant, au lieu du cours ex cathedra en « présentiel » une « pédagogie participative » en « virtuel » autorisant « des exercices, des quizz en ligne, l’auto -évaluation par les pairs, et des forums ».

Depuis que ces cours ont été proposés par diverses universités américaines pionnières (Stanford, Harvard, MIT, etc.), puis se sont étendus aux autres, ils ont connu un immense succès, attirant sur la toile des centaines de milliers d’étudiants du monde entier et, du même coup, l’appétit des investisseurs.
Les arguments en faveur des MOOCS ne manquent pas. Ils vont, nous dit-on, étendre les campus virtuels à l’échelle mondiale et permettre aux étudiants des pays les plus défavorisés d’avoir accès à l’enseignement supérieur.
On vante leur caractère démocratique – alors qu’il faut un diplôme et payer des droits pour s’inscrire à l’université, les MOOCS seraient ouverts et gratuits – et leur pédagogie novatrice – le professeur n’a plus qu’un rôle secondaire d’incitation à la discussion, les étudiants font le reste – ainsi que leur commodité pour le professeur, qui peut à présent se consacrer à l’ « animation de petits groupes » et « à la recherche ». Qu’en est- il en réalité ?

D’où viennent les MOOCs?

On voit apparaître l’idée des MOOCs en novembre 2011 lors d’un cours dispensé sur le site internet de l’université de Stanford. Ce cours est suivi par plus de 150 000 étudiants. Aujourd’hui on distingue deux plateformes principales venues des Etats-Unis qui s’imposent dans le monde des MOOCs : Udacity et Coursera.
Fondée en avril 2012 par Daphne Koller et Andrew Ng, deux professeurs en intelligence artificielle à Stanford, Coursera se présente comme une entreprise philanthropique destinée à « changer le monde ».
Daphne Koller, dont « Le Monde » a fait l’an passé un portrait élogieux, a « une dent contre l’école ». Esprit libertaire et frondeur (avec néanmoins un bon vieux doctorat et un poste à Stanford), elle rejette l’école dans sa forme traditionnelle, jugée obsolète, élitiste et autoritaire, avec ses programmes formatés et imposés aux élèves : sorte de Joan Baez du troisième millénaire, Daphne Koller réinventerait une école libre, gratuite et démocratique, à la porté de tous et répondant enfin aux seules aspirations de chacun. Il s’agit, selon ses propres mots, de « libérer l’enseignement » en offrant une « éducation de la plus haute qualité » au service d’« une vie meilleure ». L’entreprise de cette bienfaitrice de l’humanité serait presque caritative :
« On peut découvrir des talents admirables n’importe où : peut-être que le prochain Albert Einstein ou le prochain Steve Jobs vit actuellement dans un village reculé d’Afrique ».
La comparaison entre Albert Einstein et Steve Jobs en dit long sur une certaine conception du savoir, à mi-chemin entre génie scientifique et génie commercial.
Il faut bien voir qu’avec les MOOCs, on a affaire à une mutation qui n’est pas seulement quantitative de l’offre en ligne de l’enseignement supérieur, mais aussi qualitative. Ils ne sont, en un sens, pas une nouveauté.

Dans ce nouvel idéal la transmission du savoir devient secondaire: il s’agit surtout de permettre aux étudiants d’acquérir des compétences qui leur offriront de nouvelles opportunités professionnelles.

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Coursera se propose d’ailleurs d’adapter les cours aux besoins des entreprises, en passant des partenariats avec elles, et d’offrir à terme une plate-forme de recrutement servant d’interface entre employeurs et futurs employés. Le slogan de Coursera n’est-il pas « Advance your knowledge and career» ? L’exigence et la rigueur universitaires ainsi que le niveau à atteindre sont également secondaires.

«De nos jours, il ne s’agit plus d’avoir la bonne réponse. Ce qu’il faut, c’est réfléchir ensemble et partager. »

Et bien sûr, cet idéal est généreux : Coursera revendique bruyamment sa gratuité à l’inscription. Mais il faut préciser que les certificats avec vérification d’identité sont payants. Daphne Koller est une femme d’affaires avisée, qui communique beaucoup plus sur la générosité de son projet que sur le business model de sa start-up. Bref il s’agit moins de « libérer » l’enseignement que de le libéraliser.

Depuis longtemps, les universités ont développé l’e-learning, sous la forme de plateformes en ligne de type moodle de forums de discussion, et d’autres dispositifs auxiliaires. Des centres de télé-

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enseignement comme le CNED utilisent ces techniques depuis longtemps. De nombreuses institutions (comme Stanford, le MIT, le Collège de France) diffusent depuis plusieurs années gratuitement et à tous des cours publics en ligne. Bien des enseignants s’y sont mis, en déposant sur ces plateformes les PowerPoints et les notes de leur cours, et ils ont utilisé nombre de ressources de l’online education.

Ce qui est nouveau dans les MOOCs est, outre le changement d’échelle du public (certaines plateformes annoncent plus de deux millions d’inscrits), le fait qu’ils se présentent explicitement comme

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des équivalents des cours universitaires en comprenant un syllabus explicite, des assignations d’exercices, et surtout une évaluation en ligne de ceux-ci. Cette évaluation se fait par les méthodes decrowdsourcing, rebaptisées « peer evaluation » – ce qui signifie que ce sont les auditeurs du cours, donc les étudiants, qui s’auto-évaluent et évaluent leur « pairs ». Les étudiants peuvent aussi aller sur des forums et former des groupes d’apprentissage. Ce qui est nouveau aussi est que ce ne sont pas les universités seules qui organisent ces cours massifs ouverts, mais des plateformes en ligne, opérées par des start ups auxquelles les universités confient le soin de monter et diffuser leur catalogue des MOOCs.

Les types de MOOCs

On distingue deux types généraux de MOOCs : les xMOOCs et les cMOOCs.

Les xMOOCs permettent d’acquérir des compétences. Ces compétences sont sanctionnées en fin de formation par un certificat de réussite. Les cMOOCs permettent d’atteindre des objectifs d’apprentissage dont le contenu des cours est créé par les participants. Les cMOOCs sont fondés sur

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la théorie dite de connectivité. Cette théorie est dite théorie de l’apprentissage, elle se fonde sur les nouvelles technologies. Elle vise à expliquer l’impact des nouvelles technologies sur la façon dont vivent et communiquent les gens. Les xMOOCs sont issus de cours traditionnels et de savoirs déjà existants alors que les cMOOCs reposent plus sur la génération des savoirs par l’apprenant.

xMOOC cMOOC
Approche traditionnelle Approche connectiviste
Modèle pédagogique s’appuyant sur des méthodes traditionnelles : cours / exercices / contrôle de connaissances Modèle pédagogique s’appuyant sur les réseaux sociaux et Internet
Ressources pédagogiques déjà installées par les enseignants Ressources pédagogiques complétées au fur et à mesure par les participants
Objectifs déterminés par les enseignants Objectifs déterminés par chaque participant
Interactivité limitée / accès limité au site du cours Forte interactivité entre les participants / accès illimité sur les réseaux sociaux
Domaine d’apprentissage purement disciplinaire Domaine d’apprentissage ouvert et interdisciplinaire
Délivrance d’un certificat de formation Aucun certificat de formation mais auto-évaluation d’apprentissage

Qu’apportent les MOOCs à l’enseignement?

Les moocs sont non seulement libres et démocratiques mais ils révolutionnent l’enseignement lui-même, avec des innovations pédagogiques revendiquées comme l’individualisation, la collaborativité ou l’évaluation par les pairs. Les moocs permettraient ainsi ce que le cours traditionnel ne permet pas : la personnalisation de l’enseignement, cette vieille utopie des nouvelles pédagogies inspirée du préceptorat rousseauiste.

«Nous devrions passer moins de temps dans les universités à faire la leçon à nos étudiants pour leur remplir l’esprit de connaissances et plus de temps à allumer en eux le feu de la créativité, de l’imagination et de la capacité à résoudre des problèmes en communiquant réellement avec eux ».

Nul doute qu’un professeur, en ligne sur un forum avec des dizaines de milliers d’étudiant, pourra parfaitement personnaliser ses réponses et parler à chacun d’eux. Les moocs permettraient également un enseignement choisi, source accrue de motivation pour les étudiants : les élèves n’auraient plus qu’à choisir les modules de cours qui leur plaisent et écarter ceux qui ne les intéressent pas.

De même enfin, n’ayant plus d’horaires à respecter ou de lieux dans

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lesquels se rendre, ils choisiraient et organiseraient leur propre rythme de travail (ou presque puisqu’il faut malgré tout suivre une session de cours et de tests imposée). A vrai dire, passé l’enthousiasme de la nouveauté, on peut se demander si la motivation est vraiment au rendez-vous en l’absence de toute contrainte pour qui se retrouve seul face à un écran : pour des cours pourtant choisis sur la base du volontariat, on constate d’ores et déjà un taux d’abandon très élevé.

Par ailleurs, Daphne Koller, martyre de l’école, part du postulat qu’un cours traditionnel magistral est passif et source d’ennui. Peu importe si au contraire la prise de note est un acte de réflexion actif, nécessitant écoute, concentration, choix et reformulation, permettant une appropriation des connaissances. Il ne fait bien sûr aucun doute qu’un cours écrit ou enregistré en vidéo est moins magistral ou, même réduit à quelques minutes, moins ennuyeux.

Le principe de Coursera est fondé sur le concept à la mode de la flip-education qui renverse le modèle traditionnel : apprendre passivement chez soi, mettre en pratique activement à l’école. Seulement, avec Coursera, il n’y a pas d’école. Bien sûr Coursera ne fournit aucune étude sur l’efficacité réelle de cette éducation

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« augmentée » dont on peut craindre en réalité qu’elle ne soit au rabais. Son seul succès est pour l’instant celui du nombre d’inscriptions puisqu’en un an Coursera a recruté presque trois millions d’ »étudiants » à travers le monde. A titre de comparaison le premier mooc français n’a rassemblé à la fin de l’année 2012 qu’un petit millier de participants. Le record de Coursera fait passer toutes les autres questions, même les plus légitimes, au second plan.

Les avantages

Les promoteurs des MOOCs nous vantent leurs avantages avec un enthousiasme de vendeurs d’autos neuves.
1) Ils sont des vitrines formidables pour les enseignements d’une université .
2) Ils donnent accès à l’éducation universitaire à des publics qui n’y avaient jusqu’alors pas accès, notamment dans les pays les plus pauvres.
3) Ils sont gratuits, et sans prérequis d’entrée, donc démocratiques.
4) Ils permettent de libérer les universitaires et les administrations de la charge représentée par les vastes cours d’amphi, en laissant aux enseignants la possibilité de se consacrer à des groupes plus restreints et à leurs recherches.
5) Ils vont introduire une révolution dans l’enseignement et changer les méthodes de travail des universités.

Il n’est pas très difficile de comprendre pourquoi les universités ont

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intérêt à développer les MOOCs. Aux Etats Unis le coût de l’éducation universitaire a augmenté drastiquement (à Harvard un undergraduate coûte 50 000 $ par an), au point qu’un grand nombre d’étudiants sont endettés, que le personnel administratif a crû deux fois plus que le personnel enseignant (voir le livre de Benjamin Ginsberg The Fall of the Faculty: The Rise of the All-Administrative University and Why It Matters (Oxford University Press, 2011).

En Europe, où les universités sont moins chères pour l’étudiant, mais presque aussi coûteuses pour l’Etat, on n’en est pas encore là, mais quel président d’université bondée, confronté aux coûts croissants de l’enseignement et à la surpopulation étudiante ne serait pas intéressé par la possibilité de faire des économies en réduisant le nombre des étudiants sur les campus pour en mettre une bonne quantité derrière des ordinateurs à la maison, et peut-être en réduisant le nombre de postes d’enseignement?

Les MOOCs ne réalisent-ils pas l’idéal lichtenbergien d’une université sans étudiants et sans professeurs auxquels il manquerait des salles de classe ?

Les enseignants eux-mêmes n’y ont-il pas tout intérêt ? Quel parent n’a pas poussé un ouf de soulagement de ne pas avoir à organiser des jeux pour les goûters d’anniversaire de ses enfants quand il a constaté qu’ils jouaient très bien ensemble tout seuls ? Quel professeur n’a pas été ravi de pouvoir aller fumer une cigarette dans la cour en laissant sa classe se débrouiller toute seule ? Les professeurs stars qui parlent devant des amphis bondés n’ont-il pas intérêt à décupler leur influence ? Inversement ceux qui parlent devant des bancs vides n’ont-ils pas intérêt à se convertir au « virtuel » pour éviter un embarrassant « présentiel » ?

Les MOOCs démystifiés

Les MOOCs sont-ils un instrument de démocratisation de l’enseignement supérieur ? Si c’est une question de nombre, il est évident que la réponse est oui. Mais est ce que le fait qu’un cours, par exemple, sur l’Iliade ou sur la programmation en java, est vu par des millions de gens leur donne accès à l’enseignement supérieur ?

Il donne accès à des cours en ligne, au même titre que You Tube donne accès à toutes sortes de choses. Il ne donne pas accès au

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professeur, par définition, et si, comme dans la plupart des cas le MOOC d’un cours est accompagné d’un « flipped course » interne, qui est réalisé par des assistants, celui-ci n’est pas de l’enseignement online pour les étudiants des universités, mais des aides à l’enseignement, qui ne peuvent donc dispenser les étudiants de venir sur le campus.

Les masses qui s’inscrivent aux MOOCs sont-elles des étudiants des pays pauvres n’ayant jamais eu accès à l’université. ? La plupart des études réalisées jusqu’ici montrent qu’en fait le principal public vient des étudiants et des classes moyennes des pays industrialisés et des pays en développement qui ont déjà accès à l’université. Les MOOCs peuvent servir de produit d’appel aux universités occidentales qui ont déjà des antennes en Asie ou au Moyen Orient (comme l’université de Nottingham en Malaisie) voire leur éviter d’ouvrir de nouvelles succursales.
Mais il y a peu de chances que dans les pays où l’accès à un ordinateur ou même à internet, ou même simplement à une salle de classe, les MOOCs prennent. Un promoteur des MOOCs à Stanford a déclaré :

“We’re on the cusp of an opportunity to deliver a state-of-the-art, Stanford-calibre education to every single kid around the world.”

Pense-t-il vraiment que les étudiants de Tombouctou et de Antanarivo , qui n’ont pas accès au web, et peinent à trouver un stylo et un bout de papier vont se transformer en des étudiants du campus de Palo Alto ? Il y a là une forme d’escroquerie. Recevoir par internet une éducation « de calibre Stanford » n’a pas plus à voir avec le fait de recevoir une éducation à Stanford que la possession d’une imprimante à pizza peut régler le problème de la faim dans le monde .

On nous dit que les MOOCs sont gratuits. En effet ils le sont, pour ceux qui ont un accès internet (souvent payant ), et pour les cours d’introduction, qui ne donnent pas lieu à un diplôme, mais à un simple certificat si l’on a suivi le cours, ce qui montre assez bien que malgré le discours qui nous les présente comme des équivalents de l’enseignement actuel, ils n’en sont pas.
Quand on consulte en revanche les MOOCs destinés aux graduates, par exemple sur le site d’Édimbourg, on s’aperçoit qu’ils sont payants. Il y a donc au moins deux vitesses. Il est bien évident que les MOOCs ne sont pas destinés à la philanthropie éducative, mais sont, pour les grandes universités américaines qui ont mis des millions de dollars dans ces programmes, des sources d’inscriptions effectives payantes. Ils servent en fait d’introduction à l’enseignement supérieur. Cela n’a en soi rien de scandaleux et pourrait bien être un excellent instrument d’information.

Bien des filières de premier cycle où les étudiants abandonnent au

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bout d’un an pourraient ne pas être engorgées si les étudiants avaient une idée de ce qui les attend avant de s’inscrire. Mais la prétendue gratuité est un leurre. Le statut des MOOCs est encore ambigu, mais il n’est pas difficile d’imaginer qu’ils sont destinés, à terme, à remplacer les enseignements traditionnels, pour lesquels « la charge de travail n’est pas proportionnelle au nombre des étudiants » – ce qui veut dire qu’il y a des enseignants qui travaillent trop pour très peu d’étudiants et d’autres qui, du fait de la surpopulation des amphis ont un surcroît de travail, et que ces deux catégories seraient avantageusement remplacées par des MOOCs.

On nous dit que les MOOCs vont renouveler la pédagogie, en permettant aux étudiants de maîtriser d’abord le matériau de base, puis de pouvoir travailler en petits groupes sous la direction des enseignants. Sur le principe, on ne voit pas trop en quoi cela apporte du nouveau par rapport au découplage standard cours magistral / TP, à ceci près que le MOOC permet évidemment de faire l’économie d’amphis bondés. Il est cependant assez difficile de voir comment on peut répartir en groupes, même assez nombreux, les auditeurs d’un MOOC qui ne réunirait même que 10 000 personnes ( certains réunissent 180 000 étudiants , souvent plus) .

En fait les résultats de l’enseignement par MOOCs sont loin d’indiquer qu’ils sont systématiquement plus efficaces que

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l’enseignement traditionnel sur une durée équivalente. Selon certaines statistiques , 91% des étudiants online réussissent contre 94% dans un cours traditionnel et le taux de décrochage est légèrement supérieur et plusieurs études aux US semblent indiquer des différences significatives selon les origines ethniques des étudiants.

Même si on admet que les techniques d’enseignement participatives via quizz et forums – que l’e-learning pratique depuis longtemps – sont plus novatrices, la plupart des MOOCs sont des cours ex cathedra de type assez traditionnel, où un enseignant unique s’adresse à un public passif.

Conclusion

Il ne s’agit évidemment pas de nier la valeur et l’intérêt de ces technologies. Mais il est absurde de soutenir qu’elles peuvent prendre la place des enseignements universitaires. On peut certainement les considérer en partie comme des substituts des manuels, sans doute plus efficaces et plus attrayants. Mais tout enseignant, et tout étudiant, savent que donner à l’étudiant un manuel n’est pas la même chose que lui faire cours.

Toutes les révolutions technologiques nous sont présentées comme des progrès démocratiques. Les MOOCs vont-ils être le printemps de l’enseignement supérieur ? Il est permis d’en douter. Même sous leurs formes les plus ancillaires, ces plateformes constituent déjà des violations des principes de base de l’enseignement supérieur :

le droit pour tout étudiant à avoir accès au professeur le droit des enseignants à être les auteurs de leurs cours (et à ne pas se voie dépossédés par des tiers)

la liberté académique (celle de proposer les enseignements que l’on souhaite)

le droit au savoir (et pas à une information distribuée dans des quizz)

la démocratie de l’enseignement (et pas un régime à deux vitesses où les élites auront droit au « présentiel », aux pelouses des campus et aux bureaux high tech, alors que le tout -venant aura droit à regarder les premiers sur un écran).

Les MOOCs ne cessent de vanter la pratique, le refus du savoir théorique, Ils sont l’un des dispositifs de pointe dans la vaste liquidation, qui se déroule sous nos yeux, de ce que l’on avait coutume d’appeler « savoir » et qu’étaient supposées transférer et produire les universités. Comme le Canada Dry ressemble à de l’alcool, les MOOCs ressemblent à des cours universitaires tels que nous les connaissons, mais ce sont des armes de destruction massive du savoir et de l’université .

Sources

http://moocs.unige.ch/presentation.html http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/74482.htm http://www.qsf.fr/2013/05/24/les-moocs-cours-massifs-ou-armes-de-destruction-massive-par-pascal-engel/ http://www.laviemoderne.net/grandes-autopsies/41-gober-les-moocs http://www.educadis.fr/formation-a-distance/formation-elearning/mooc

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